Actualités

Actualités:

La césarienne : solution facile ou menace du futur ?

De nos jours la césarienne est une pratique répandue en médecine vétérinaire. On l’utilise souvent pour aider les chiennes à mettre bas. Cette opération est généralement menée avec succès, mais par la suite l’homme doit faire face à l’inadéquation du comportement maternel de la chienne, il doit lui-même allaiter les chiots et en cas de besoin leur donner du lait maternel de remplacement.

Il y a presque cent ans, le chercheur et poète d’Afrique du Sud Eugène Marais fit une série d’expériences destinées à confirmer une hypothèse qui lui était venue à l’esprit de manière intuitive, à savoir que les douleurs de l’accouchement étaient liées à l’amour maternel. Il observa un groupe d’une soixantaine d’antilopes à demi-sauvages dans le troupeau desquelles pas une mère dans les 15 années précédentes n’avait abandonné son petit. Marais fit renifler du chloroforme et de l’éther aux femelles qui mettaient bas et se rendit compte qu’après cela elles refusaient de s’occuper des nouveau-nés.

Pas besoin d’énumérer toutes les observations des vétérinaires et les exemples d’expérimentations réalisées par les chercheurs pour comprendre que l’opération césarienne – ou ne serait-ce que l’anesthésie comme partie intégrante de ce processus – peut radicalement changer le comportement maternel des mammifères. Si l’enfant est né par césarienne, cela veut dire qu’on a procédé à une anesthésie générale ou locale. L’anesthésie en soi peut provoquer de graves troubles dans le comportement maternel.

Les enfants dont les mères ont souffert de dépression dans les six mois qui ont suivi l’accouchement ont été observés dans le cadre d’une étude dont les résultats ont été publiés récemment : il a été démontré qu’à l’âge de 11 ans ces enfants avaient plus tendance que les autres à user de la violence – ils se battaient plus souvent à l’école et avaient tendance à se servir d’armes lors des bagarres-.

Des chercheurs finlandais ont étudié les facteurs favorisant l’apparition de l’asthme et des allergies chez des adultes âgés de 31 ans (nés en 1966). Il s’est avéré que ceux qui sont nés par césarienne présentent un risque de développement de l’asthme 3,23 fois plus élevé que ceux nés par voie basse. Nous savons aujourd’hui que le fœtus engendre en partie le processus d’accouchement. Un des moyens dont le fœtus use pour provoquer l’accouchement est de donner un signal en secrétant dans le liquide amniotique une substance qui indique que ses poumons sont matures. De plus, les chercheurs ont des raisons de penser que les hormones secrétées par la mère et le fœtus lors de l’accouchement favorisent la maturation définitive des poumons. Ainsi, on imagine facilement que les bébés nés par césarienne avant accouchement seront confrontés plus souvent à des problèmes respiratoires pas seulement après l’accouchement, mais également dans leur vie future.

Tout mammifère mettant au monde une descendance tente de se cacher des yeux d’autrui. Pour toute femme sur le point d’accoucher, cela est une nécessité vitale. Il est indispensable de l’aider à se sentir en sécurité. Quand une femelle mammifère sent la présence d’un prédateur dans les parages, elle stoppe l’accouchement pour un certain temps. Il est intéressant de savoir qu’une femme qui ne court aucun danger et qui est protégée des regards extérieurs bien souvent préfère accoucher dans des poses propres aux mammifères, par exemple, à quatre pattes.

On entend souvent dire qu’il faut « humaniser » les accouchements, les rendre plus humains. En fait, si on désire abaisser le taux de césariennes, il faut d’abord qu’il ressemble plus à l’accouchement tel que le conçoivent les mammifères. En un sens, il conviendrait donc de déshumaniser l’accouchement.

Source : Michel Odent. La césarienne : solution facile ou menace du futur ?

Voir toutes les actualités

Vous allez devenir parents avec notre aide!

Demander une question

Voir le médecin